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Où les pas s'arrêtent

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L'automne est arrivé, de rouge et de doré. Enfin, après l'été, mes pas sur un sol mou, Me guident dans les sentes glaner des cailloux, Bien plus que de chanterelles, absentes rêvées. Qu'a cela ne tienne, au choix des quatre chemins, Je m'en vais de plus bel, écouter le Sauvey. Mes pas toujours mouillés, mais franchement hâtés, D'un coup m'ont stoppée net, comme face au Divin. C'est bien là que j'ai vu tout un patchwork d'automne, Des couleurs camaïeux, accrochées au dévers, A la percée des nuages. Le cadeau offert. D'ici, j'entends "pas de quoi en faire des tonnes" Oui..., Mais l'automne est de loin ma saison préférée. Elle est comme un vieillard dont on attend plus rien, Sinon quelques conseils ou d'espiègles refrains, Comme une huile sur toile pour la postérité. Date: 21 oct 2026, à Tréminis.  Par Laëtitia Guignier

Toutes ces chances

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Un luxe, un privilège, un don du ciel. Je viens de longuement observé les nuages. Tous s'engouffrent à rebrousse-poils, contre la montagne. Ils s'effilochent tous. Un pur spectacle.  Et j'ai songé à toutes ces chances. A ce que j'ai souhaité et ce que j'ai enfin trouvé. Le clocher qui sonne. L'espace, immense. La hauteur, la vue.  La forêt comme refuge. Du sauvage un peu partout.  Des coins inaccessibles. Encore des choses qui nous échappent.  Le ruisseau, les orages et leurs impacts. Les saisons qui, une à une, nous montrent ce qu'elles ont de plus beau.  Les perspectives, le recul, la reliance, la rudesse. La contemplation, les couleurs de l'automne, le repos de l'hiver, les promesses du printemps, la force de l'été. Se sentir encore un peu à la merci...  Se nourrir en nature, de trésors de champignons. De plantes.  Voir se fabriquer les nuages quand la forêt transpire. Quand la forêt respire. La stupéfaction, la fascination qu'...

Pénétrer dans un sanctuaire et marcher à pas de loup

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Pénétrer dans un sanctuaire et marcher à pas de loup - Décembre 2024 à Tréminis En fin de journée, j'ai marché sans autre but que prendre l'air, une pause bien méritée. Le village était plongé dans une purée de pois, donnant une ambiance inerte avec la neige tombée trois jours plus tôt. Tant pis pour le bain de soleil, j'y vais quand même ! Finalement, à n’y pas voir grand-chose,  je profite posément du craquement de la neige sous chacun de mes pas. Malgré que tout soit figé, je devine que le paysage défile. Incitée à monter vers une brume plus bleutée, j'imagine trouver à quelques encablures un ciel dégagé. Et j'ai raison ! Un peu plus haut, j’aperçois le Grand Ferrand sur fond bleu magnifique. Quelle chance d'avoir suivi mes pas. Très vite, je quitte le sentier des humains pour me retrouver devant une neige immaculée, ou presque. Ici et là, des traces d'animaux,  des monticules de poudreuse et des branches prêtes à casser tellement elles ont de neige...

Enfin cesser de me désirer ailleurs.

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Je suis de retour à Tréminis, les nuages font du rase-moquette sur les bébés montagnes. Le soleil filtre quelquefois en illuminant le vert tendre et le vert sombre de la forêt qui dévale la pente. J'ai la savoureuse sensation de respirer à nouveau. Le silence des humains me fait dire que je suis à nouveau chez moi. J'entends la rivière. J'entends les oiseaux. J'entends le pic. J'entends mes pas. Dans ces espaces où rien ne semble se passer, j'ai l'impression d'entendre le monde respirer. L'immensité des paysages ici m'ancre instantanément. Je ne saurais vraiment l'expliquer. Je pourrais être un arbre parmi les arbres, un brin d'herbe parmi les brins d'herbes. Je me sens appartenir à cette terre. J'ai un sentiment profond d'être déjà venue ici mais ça n'a pas eu lieu dans cette vie, je m'en souviendrais... Chaque nouveau lieu que je rencontre me semble si familier. Sentir et ressentir, je pourrais bien avoir rien d...

Et ses blancs contours.

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  Plus de limite entre le dehors et le dedans, Là, tout mon être se dissout, Fondu dans l'absolu. Ne reste que l'instant, et ses blancs contours. 5 octobre 2024, Tréminis

Par la forêt cueillie

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  Alors que, Comme chaque jour, Je m'en vais aux bois, Comme appelée par la lumière après un jour de pluie, Et au lieu de regarder, épanouis, Les champignons mouillés, Me voilà, Comme toujours, Par la forêt cueillie.   8 octobre 2024, Tréminis, dir. les Allières

V I S I O N

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  Il y a des choses qui me ramènent à ma mémoire. Qui éveillent le souvenir. Ca va chercher loin. Dans un temps que je n’ai pas vécu. En tout cas, pas cette fois-ci. C’était quelqu’un d’autre. Un autre moi. Une autre enveloppe. Ailleurs. Avant. L’odeur du beurre de karité. Le souvenir sensoriel qui me fait dire que j’y étais. J’ai déjà fait ça. C’était une odeur rituelle. Le geste quotidien. Il se pourrait même que je l’ai fabriqué moi-même. Ça vient caresser mon âme. Je goûte aux mémoires d’incarnations passées. C’est sûr. Et à l’échelle de mon âme, ça doit dater d’hier. Et là, tout de suite, maintenant, il n’y a pas de temps. Distorsion du cerveau qui cherche à raccrocher les informations. Mais des informations, je n’en ai pas. Alors, à force de distordre, le cerveau disparaît, essoré sur lui-même. Et je suis là dans l’espace de ce souvenir, sans temps. Et alors, tout devient possible. Je suis au Sénégal. Il y a les baobabs. J’ai des tonnes d’images. J’en ai une où il y...